Menu

Tobias Johannessen, grimpeur d’avenir
22 août 2021

L’Espagnol Carlos Rodriguez a bien failli renverser la situation au prix d’un exploit dans la dernière étape. Mais le Norvégien sauve son maillot jaune. Pour sept secondes.

Au bout du suspense. Et de la souffrance. Le Maillot jaune est resté quelques minutes allongé par terre, les bras en croix, au sommet du col du Petit Saint-Bernard, sans savoir s’il avait sauvé sa victoire finale dans le Tour de l’Avenir. Il s’en est fallu de peu – sept secondes – mais l’exploit de l’Espagnol Carlos Rodriguez, lancé dans un raid solitaire d’une soixantaine de kilomètres depuis qu’il avait basculé le premier au sommet de l’Iseran n’a pas tout à fait suffi à renverser la situation.

Tout s’est joué in-extremis. Carlos Rodriguez, enrôlé à 19 ans seulement dans l’équipe Ineos pour laquelle il a contribué à la victoire de Richie Porte dans le dernier Critérium du Dauphiné au niveau du World Tour, comptait 2’18’’ de retard sur le Maillot jaune au seuil de l’ultime étape. Il en avait repris … 2’12’’ à quelque deux kilomètres du sommet du Petit Saint-Bernard, théâtre grandiose de l’arrivée, mais il n’a pu combler le mince écart qui le sépare de la victoire finale.

Tobias Johannessen, isolé dans la dernière ascension, a livré une défense héroïque, sans savoir encore si ses efforts allaient lui sauver la mise au moment où il franchissait la ligne en 4e position. Pour sept secondes, il remporte donc la plus prestigieuse victoire de sa carrière tout juste débutante, et elle en appelle d’autres.

La Norvège fait un carton

Il portait le dossard numéro 1 du Tour de l’Avenir, puisque la Norvège était en quelque sorte vainqueur sortante, deux ans après le succès final de Tobias Foss en 2019, l’édition suivante ayant dû être annulée en raison de la pandémie. La Norvège l’emporte donc pour la deuxième fois de suite, grâce à Tobias Johannessen, 22 ans au lendemain de son triomphe achevé ce dimanche au sommet du col du Petit Saint-Bernard (2190 m.) à l’issue d’une dernière journée de très haute montagne avec le franchissement de l’Iseran (2770 m.).

Le jeune norvégien s’annonce comme un grimpeur d’avenir, tant il a démontré de qualités sur l’ensemble des étapes montagneuses de ce Tour de l’Avenir : vainqueur au sommet du Grand-Colombier vendredi, idem samedi à Saint-Jean d’Arves par le col de la Croix de Fer, alors qu’il a résisté avec cran à l’assaut final de Carlos Rodriguez.

Le grimpeur espagnol Carlos Rodriguez dans la montée finale du col du Petit Saint-Bernard

Les Norvégiens ont fait un triomphe sur cette 57e édition au cours de laquelle ils auront remporté cinq étapes sur dix possibles, si l’on ajoute aux succès des jumeaux Johannessen (Anders avait battu sur le fil Tobias à Septmoncel) ceux obtenus d’emblée par le rouleur-sprinteur Sören Waerenskjold, lauréat du prologue de Charleville-Mézières et de la première étape à Soissons.

A défaut d’une énorme surprise puisqu’il s’était déjà classé deuxième du « Baby Giro » derrière l’Espagnol Juan Ayuso contraint ici à l’abandon sur chute, la victoire finale de Tobias Johannessen constitue une très belle révélation, d’autant qu’il s’agit de la première véritable saison pleine effectuée sur la route par ce coureur issu du VTT qui est aussi un spécialiste du cyclo-cross. Petit gabarit, grimpeur dynamique, le jeune talent de l’équipe Uno X est promis à un bel avenir qui devrait passer assez vite par le Tour de France.

Le meilleur français, Hugo Toumire, a réussi à faire irruption dans le top 5 final, ce qui est un redressement remarquable pour l’équipe de France, qui ne compte que deux rescapés (avec Axel Laurance), tant elle a été handicapée alors que plusieurs de ses coureurs ont été malades au cours de l’épreuve. Et s’il a payé ses efforts au cours de l’ultime étape alpestre, Joris Delbove, membre de l’équipe régionale Bourgogne – Franche-Comté, est néanmoins parvenu à rester dans le top 10 du classement final.

Retour en haut