Seixas comme un grand
29 août 2025

Pour sa première victoire sous licence professionnelle, Paul Seixas s’est inscrit au prestigieux palmarès du Tour de l’Avenir qui a révélé tant de champions.

A dix-neuf ans à peine, il signe une victoire qui compte, et surtout confirme toutes les promesses suscitées. A tel point que la remise du Maillot jaune CIC par Bernard Hinault revêt une valeur très symbolique car Paul Seixas s’affirme comme le grand espoir que le cyclisme français attend.
Neuf ans après David Gaudu, il devient le dix-neuvième français vainqueur de l’épreuve et a donc assumé le rôle de favori qui lui était assigné en même tant qu’il a répondu à la forte attente perceptible autour de lui.
Sa préparation n’avait pas été idéale, perturbée par un souci de santé au cours du mois d’août, ses sensations en montagne n’étaient pas aussi exceptionnelles qu’il l’espèrait, faute peut-être d’avoir pu suivre un stage en altitude. Mais finalement, Paul Seixas a sorti le grand jeu pour s’élever au-dessus du lot assez compact des meilleurs espoirs mondiaux à la faveur du contre la montre final. Sur les 10,3 km du « chrono » en montée disputé entre Montvalezan et la station de La Rosière, il a confirmé la domination qu’il avait déjà exercé sur le prologue plus court, mais de même nature. Cette fois, il creusait des écarts significatifs, 28 secondes sur le Norvégien Jörgen Nordhagen, 33 sur le Belge Jarno Widar vainqueur coup sur coup des deux étapes de montagne en ligne, à Tignes et sur la demi étape matinale à La Rosière. Le Belge avait témoigné d’un punch incisif sur chacune des deux arrivées en altitude, et c’est logiquement qu’il obtient la deuxième place du classement final, le podium étant complété par Nordhagen, autre pointure déjà référencée au niveau mondial.
Paul Seixas a donc battu, sans être forcément à son meilleur niveau, tous ceux qui incarnent la génération montante, y compris l’Italien Finn (4e) sorti des juniors avec le titre mondial et l’Espagnol Torres, sensation du colle delle Finestre en 2024 quand il avait repris près de quatre minutes à l’Anglais Joseph Blackmore et que douze secondes seulement lui avaient manquées pour remporter le Tour de l’Avenir.

Maxime Decomble se découvre

A la victoire de Paul Seixas s’ajoute la révélation d’un autre Français, Maxime Decomble, qui s’était encore bien accroché à son Maillot jaune sur le col San Marco et le Petit Saint-Bernard dans la demi étape très matinale autour de La Rosière, se présentant avec le groupe des favoris au seuil de la dernière montée où il laissait quand même Paul Seixas revenir à 29’’ au classement général (contre 51’’ au départ de l’étape).
Bien résolu à défendre ses chances, Maxime Decomble n’a pu signer que le 8e temps contre la montre, et n’a pu préserver une place sur le podium (5e). Mais au-delà du résultat final, il s’est découvert un registre plus large qu’il ne l’imaginait et c’est un coureur complet, au proche contact des meilleurs grimpeurs, qui s’est révélé à lui-même.

L’équipe de France, comme chez les femmes d’ailleurs, remporte le classement par équipes qui valide une stratégie qui a tenu la route toute la semaine. Le maillot vert Biofioul revient à un sprinteur britannique d’avenir, Noah Hobbs, tandis que Jarno Widar emporte les pois du maillot de meilleur grimpeur Alden. Et pour sa première année dans la catégorie espoir, Paul Seixas est naturellement le vainqueur du maillot blanc parrainné par le Parc des oiseaux désignant le meilleur jeune.

Le Tour de l’Avenir 2025 a livré un excellent cru.