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Dix années pleines de promesses
14 janvier 2020

Le Tour de l’Avenir, dont ce sera cet été la 57e édition (7 au 16 août), est resté fidèle à sa vocation depuis l’origine de l’épreuve crée en 1961. La course, organisée par Alpes Vélo, demeure une sorte de test grandeur nature à l’intention des coureurs internationaux de moins de vingt-trois ans. A ce titre, elle s’est révélée une véritable académie du cyclisme mondial, et un tremplin pour les champions de demain, notamment ceux que l’on retrouve dans le Tour de France.

Ces dix dernières années ont été particulièrement riches en révélations, et pas seulement parce que le Colombien Egan Bernal, lauréat du Tour de l’Avenir 2017, a remporté le dernier Tour de France, seulement deux ans plus tard.

Retour sur une décennie qui a permis à tant de coureurs du Tour de l’Avenir de se révéler des champions d’aujourd’hui…

2010 – Que du beau monde

C’est l’une des éditions les plus riches en révélations de très haut-niveau. Trente ans après la victoire historique d’Alfonso Florez, vingt-cinq ans après celle de Martin Ramirez, voici Nairo Quintana, visage indien et peau cuivrée, qui sonne le renouveau colombien en remportant les deux étapes alpestres à Risoul et le classement final. Très vite, il monte sur le podium du Tour de France (2e en 2013 et 2015, 3e en 2016), et remporte le Tour d’Italie 2014 et la Vuelta espagnole en 2016.

D’autres futurs protagonistes importants des Grands Tours apparaissent : l’Espagnol Landa 5e, le Français Bardet 6e.

Cette année-là, le prodige américain Taylor Phinney signe le meilleur chrono du prologue de Vierzon et chez les sprinteurs, l’Allemand John Degenkolb, futur vainqueur de Milan-San Remo et Paris – Roubaix (2015), remporte le maillot vert devant l’Australien Michael Matthews, devenu une pointure mondiale. Participation remarquée du Polonais Michal Kwiatkowski qui deviendra champion du monde quatre ans plus tard.

Nairo Quintana

2011 – Bardet en vert

Esteban Chaves apporte une confirmation immédiate du renouveau colombien. Le vainqueur de l’Avenir 2011 sera aussi le premier coureur de son pays à remporter un monument des classiques, le Tour de Lombardie 2016.

Cette édition valide aussi la progression de Romain Bardet, déjà remarqué l’année précédente. Celui qui montera sans trop tarder sur le podium du Tour de France (2e en 2016, 3e en 2017, meilleur grimpeur 2019) se signale cette fois en remportant l’étape du Salève mais aussi le maillot vert du classement par points, non pas sur ses qualités de sprinteur, mais sur sa régularité dûment éprouvée.

Parmi les autres vainqueurs d’étapes, Simon Yates et Warren Barguil… Apparition de l’Australien Rohan Dennis, actuel champion du monde du contre le montre, et du Néerlandais Tom Dumoulin.

Bernard HINAULT, Romain BARDET, Esteban CHAVES, Garikoitz BRAVO
(L to R) Bernard HINAULT, Romain BARDET, Esteban CHAVES, Garikoitz BRAVO

2012 – Le talent de Barguil

Le talent de Warren Barguil n’était pas passé inaperçu l’année précédente. Il s’impose cette fois-ci après avoir dominé la grande étape alpestre qui s’achève à Valloire. Le Breton réalise une sorte de grand chelem avec le maillot vert et le maillot à pois.

Warren Barguil incarne cette nouvelle vague du cyclisme français, à l’image de Thibaut Pinot ou Romain Bardet. Dès l’année suivante, pour son premier Grand Tour chez les pros, Barguil remporte deux étapes de la Vuelta, fera de même sur le Tour de France 2017 dont il finira meilleur grimpeur. Il est l’actuel champion de France.

Warren Barguil
Warren Barguil

2013 – Un certain Alaphilippe

Personne n’en fait encore grand cas, et même les équipes françaises le laissent partir dans la réserve d’une formation étrangère, mais la dernière étape, sur le plateau des Glières, revient à un certain … Julian Alaphilippe.

La victoire finale est pour l’Espagnol Ruben Fernandez, qui devance l’Anglais Adam Yates, dont le jumeau, Simon, futur vainqueur de la Vuelta (2018) et de deux étapes pyrénéennes sur le dernier Tour de France, remporte deux étapes coup sur coup. Tout comme le sprinteur australien Caleb Ewan, trois fois vainqueur sur son premier Tour de France, en 2019, notamment aux Champs-Elysées.

2014 – Encore un Colombien

Troisième victoire finale d’un Colombien sur les cinq dernières éditions ! Cette fois, ce sont les qualités de Miguel-Angel Lopez qui se révèlent. La confirmation ne se fera gère attendre puisqu’il remportera le Tour de Suisse 2016 et monte sur le podium du Tour d’Italie et du Tour d’Espagne 2018 (3e). Il apparaît comme l’un des plus grands potentiels mondiaux au chapitre des Grands Tours.

Parmi les révélations : Fernando Gaviria, Pierre Latour…

Miguel-Angel Lopez
Miguel-Angel Lopez, 2014

2015 – Futur champion du monde

L’épreuve revient à l’Espagnol Marc Soler, vainqueur final à la régularité. Il s’annonce comme un beau specimen de coureur à étapes et remporte d’ailleurs Paris – Nice dès 2018.

L’épreuve est marquée par la domination des jeunes espoirs danois sur toute la séquence plate de l’épreuve. L’un d’entre eux, Mads Pedersen, remporte l’étape d’Arbois. Il est tout simplement l’actuel champion du monde sur route professionnel.

Marc Soler

2016 – Gaudu, un grimpeur est né

Le jeune breton David Gaudu signe un doublé retentissant. Après avoir enlevé au printemps la nouvelle version espoir de la Course de la Paix, il remporte l’autre épreuve de référence de la catégorie : le Tour de l’Avenir.

Un grimpeur est né. David Gaudu est pour l’instant l’auxiliaire privilégié de Thibaut Pinot en montagne, mais il a déjà largement confirmé les promesses qu’il avait suscité. C’est le cas de le dire, l’avenir est à lui.

David Gaudu
David Gaudu

2017 – L’étoile Bernal

Si l’on prend les uns après les autres les vainqueurs d’étapes de cette édition qui effectue une transversale de la Bretagne à la Savoie, presque tous sont déjà des pointures internationales dans un rôle ou dans un autre : Kasper Asgreen, peut-être bien l’équipier le plus en vue de Julian Alaphilippe sur le Tour 2019 ; Fabio Jakobsen, Alvaro Hodeg, Pavel Sivakov.

Mais surtout, ce Tour de l’Avenir 2017 de haut-vol fait rayonner une nouvelle étoile au firmament du cyclisme mondial : Egan Bernal. Le Colombien évolue une classe au-dessus du lot dans les étapes de montagne et l’emporte au final, deux ans seulement avant de devenir le premier sud-américain à remporter le Tour de France. Sans parler de ses succès sur Paris-Nice ou au Tour de Suisse.

Une seule ombre au tableau. Egan Bernal devance le prometteur espoir belge Bjorg Lambrecht, qui perdra la vie sur le Tour de Pologne 2019.

Egan Bernal
Egan Bernal

2018 – Epatant Pogaçar

Grande première slovène sur le Tour de l’Avenir avec le triomphe de Tadej Pogaçar. Il ne gagne peut-être pas d’étape, mais résiste à tout, et aux grimpeurs colombiens notamment.

Ses débuts professionnels, dès 2019, sont tonitruants : victoire au Tour d’Algarve, au Tour de Californie, trois étapes sur la Vuelta dont il termine 3e pour son premier Grand Tour. Epatant. A voir très vite sur le Tour de France.

Tadej Pogaçar
Tadej Pogaçar, 2018

2019 – Indécis

Pas moins de cinq maillots jaune différents de la Nouvelle Aquitaine (Marmande) en Savoie (arrivée finale au Corbier). Une édition particulièrement animée, via le Massif central, et indécise jusqu’au bout. Au bout du compte, le Norvégien Tobias Foss, fort de ses précédentes expériences sur le Tour de l’Avenir, s’avère le plus consistant. Il effectue ses débuts professionnels en 2020 dans la puissante équipe néerlandaise Jumbo-Visma. C’est la première fois qu’un Norvégien apparait au palmarès du Tour de l’Avenir, complétant le succès de son pays au classement de la Coupe des Nations UCI des moins de vingt-trois ans.

Tobias Foss
Tobias Foss, 2019
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