C’est déjà demain,
L’expression est désormais consacrée. Ne dit-on pas que l’Avenir est le Tour de France des jeunes ? Encore une fois, la Grande Boucle 2026 a rappelé combien la course phare des moins de 23 ans est révélatrice, bien au-delà du cas singulier de Tadej Pogacar qui aura donc rejoint le club des quintuples Maillots jaune (Anquetil, Merckx, Hinault, Indurain) en l’espace des huit ans qui nous séparent de son édifiante apparition sur le Tour de l’Avenir 2018. En témoigne aussi bien le Maillot vert de Mads Pedersen dont on se souvient de la victoire d’étape, à Arbois, sur l’Avenir 2015 dans le style combattant qu’on lui connait aujourd’hui, et dans tous les registres, le peloton du Tour regorge d’exemples de talents qui ont pris leur impulsion sur ce tremplin.
Fidèle à sa vocation originelle, l’épreuve organisée par A-Velo n’oublie pourtant jamais de se réinventer, comme à l’occasion de cette 62e édition ouverte aux équipes de développement, « réserves » des grandes structures professionnelles, avec un peloton panaché où sont toujours accueillies les sélections nationales sans lesquelles le Mexicain Isaac Del Toro, lauréat en 2023, serait peut-être resté inaperçu. Une contribution essentielle à la mondialisation du sport cycliste, illustrée cette année par la première participation de l’Indonésie !
Le Tour de l’Avenir accompagne aussi la formidable accélération du processus de formation de la nouvelle génération, au point de donner l’impression que c’est déjà demain. Qui pourrait mieux le démontrer que Paul Seixas, lauréat l’an dernier et quatrième du « Grand » Tour à 19 ans, comme si l’Avenir se confondait aussitôt avec le présent.
Philippe BOUVET, ancien chef de la rubrique cyclisme au journal L’ÉQUIPE



