Arensman : le Tour de l’Avenir l’avait révélé, le Tour de France le consacre
19 juillet 2025

Il y a six ans, il découvrait les sommets au Tour de l’Avenir. Aujourd’hui, il les domine. En s’imposant en solitaire ce samedi au sommet de Superbagnères, au terme d’une étape pyrénéenne de très haute intensité, Thymen ARENSMAN (INEOS Grenadiers) a décroché à 25 ans la plus belle victoire de sa carrière. Et rappelé, s’il en était besoin, à quel point le Tour de l’Avenir demeure la matrice des champions de demain.

L’ascension vers la lumière
Sur les pentes de la Hourquette d’Ancizan puis du col de Peyresourde, le Néerlandais s’est détaché avec puissance et lucidité. À l’arrivée, il lève les bras, seul, devant les cadors du général, VINGEGAARD et POGACAR, relégués à plus d’une minute. Après des mois de galère, entre virus hivernal et blessures à répétition, le grimpeur au style aérien retrouve enfin l’éclat qu’on lui promettait.

Le Tour de l’Avenir comme ADN
Avant de tutoyer les cimes du cyclisme mondial, ARENSMAN s’était révélé en 2018 sur le Tour de l’Avenir, l’épreuve-repère du cyclisme espoirs. Deuxième du classement général cette année-là, derrière un certain Tadej POGACAR, il avait déjà impressionné par son intelligence de course et sa capacité à enchaîner les efforts dans la haute montagne.

C’est dans cette course qu’il avait dévoilé son profil de coureur complet : capable de performer en contre-la-montre par équipes, de répondre aux attaques dans les Alpes, et de gérer une course à étapes exigeante. Il n’avait que 18 ans.
«C’est là que tout a basculé, confiait-il quelques années plus tard. C’est le Tour de l’Avenir qui m’a permis de croire que je pouvais devenir coureur professionnel.»

Du Tour de l’Avenir au Tour de France, le passage obligé
Depuis sa création en 1961, le Tour de l’Avenir n’a cessé de servir de tremplin aux plus grands. FIGNON, INDURAIN, QUINTANA, BERNAL, POGACAR.. Tous ont inscrit leur nom au palmarès ou s’y sont révélés. ARENSMAN ne fait pas exception. En se hissant sur le podium à seulement 18 ans, il avait déjà les codes du haut niveau dans les jambes.

Son parcours n’est pas isolé. Chaque année, l’épreuve française accouche de talents qui façonnent le peloton WorldTour. ARENSMAN, comme GAUDU, JORGENSON ou encore SOLER, a franchi ce sas de sélection naturelle. Ce Tour de l’Avenir, conçu comme une copie miniature de la Grande Boucle, reste l’antichambre idéale du professionnalisme, avec ses longues étapes, ses cols alpins et ses chronos stratégiques.

Une étape, un symbole
La victoire d’ARENSMAN aujourd’hui n’est pas qu’un succès d’étape. Elle est l’aboutissement d’un cycle, d’une trajectoire entamée sur les routes de l’Ain, de la Savoie ou de l’Isère. Elle donne aussi du baume au cœur à une équipe INEOS Grenadiers en quête de renouveau, et confirme que le Néerlandais a encore une marge de progression à exploiter.